
(a) les noms des personnes apparaissant sur cette photo: premier à gauche Jean-Paul Bouilliane fils de Rosaire, dans la même rangée:moi-même Gérard Fortin;Henri Fortin mon père;Marie-Reine Bellemare, ma mère;Rosaire Boulliane
et son épouse -- rangée d'en avant: Bertrand,Marcel, Réal et Rita, mes frères et soeur --
texte rédigé en 2006
Brins de souvenance (Gérard L. Fortin)
Voyage (1er vers l’est du pays)
Mon vif désir d’explorer la planète[1] dans la partie qui parlait une autre langue que la mienne, c’est-à-dire au-delà des frontières de notre province se concrétisa quelque peu vers ma quatorzième année. Les cheveux au vent, dans une boîte de camionnette neuve de marque Ford, mon père m’amena et la famille au complet dans le milieu de l’été 1948 à Maitland en Nouvelle-Écosse à une cinquantaine de milles d’Halifax. À cette époque il avait vendu son commerce de mécanique automobile et de vente d’autos neuves et avait exécuté un contrat de démolition de camp de l’armée en partenariat avec les Laforêt de Saint-Eugène, une petite localité près de Dolbeau à Saint-Pierre l’Ermite, près de Montréal. Cette première expérience lui enseigna les rouages administratifs pour obtenir de tel contrat de la part du gouvernement fédéral à Ottawa. Il fallait une mise de fonds importantes déposer en garantie. Il obtint de l’assistance financière d’un dénommé Étienne Genest, prêteur à haut taux d’intérêt de la localité d’Albanel. Il fut en mesure d’obtenir le contrat de démolition de ce vaste camp de l’armée dans un territoire anglophone d’origine écossaise ou pendant la période la plus active,il employait près de 500 journaliers. La grande part des matériaux démolis était vendu à Montréal à l’aide de grande pages de publicité dans le journal La Presse.
Le voyage pour se rendre dans cette région fut effectué sans incident si ce n’est les multiples chamailles dans la boîte du « pick-up ». Alors mes parents assoyaient un de nous dans la cabine avant ce qui calmait le jeu. Arriver sur les lieux en compagnie de Rosaire Boulianne,sa femme et son fils âgé d’un vingtaine d’années ainsi qu’un nommé Trudeau, cousin de mon père on s’installa sur les lieux à la manière des bohèmes. Ma mère et mme Boulianne cuisinaient à l’extérieur sur des poêles de chantiers. Je travaillais à la démolition avec les trois hommes qui avaient fait le chemin avec nous. Comme mon père était très occupé à l’administration du chantier j’avais beaucoup de liberté dans le choix des taches à accomplir. Mais celle qui avait ma préférence était de faire des commissions avec le pick-up Ford, apporter des outils aux journaliers, transporter de menu matériau, courts voyages chez le marchand général pour la nourriture et une fois entre autre me suis rendu à Truro avec un employé au volant . Je vis alors pour la première fois l’océan atlantique et ses immenses vagues et ses rives rougeâtres. Je ne conduisais toutefois la camionnette que sur le camp de l’armée. En somme, j’ai vécu de nombreuses expériences de travail.Un vrai bombardement de nouvelles images sensorielles et de vécu social,
Le souvenir le plus imprégné dans ma mémoire pendant cette période de ma vie (mi-été + mi-automne) fut mon altercation suite à ma réaction d’un flirt d’une jeune fille participant à la fête avec un jeune journalier du chantier paternel.Comme bien d’autres « jobbers » ayant à leur emploi un grand nombre de journaliers il survint de temps à autre des conflit de travail. Le contexte s’y prêtait bien, un francophone en pays anglophone ne parlant pas l’anglais et qui beuglait des ordres que seul ses proches comprenaient et qui étaient traduites par un gérant de chantier enflambait souvent l’ambiance. L’art de diriger les hommes au travail avait été appris dans les chantiers de coupe de billots et de pitoune au nord de Girardville, donc un peu primaire En présence d’une « rebellion » de quelque nature qu’elle soit, il était appliqué une seule technique,le lock-out – tout le monde dehors.
Dans une petite localité donc la plupart des habitants sont écossais, un tel comportement soulève forcément une vive animosité. Alors quoi de plus facile que de s’en prendre au fils du boss.
Au cour d’une fête champêtre du village durant laquelle on jouait du violon, de la cornemuse et on dansait des danses folkloriques on voulut me faire un mauvais parti. Je me souvins avoir parti à la course pour me sauver de mon agresseur.Losqu’il fut sur le point de me rejoindre je m’accroupis subitement et il plana dans les air.Je retournai alors
vers la camionette où mes congénères m’attendaient. Finalement aucun de nous ne fut blessé.mais on perdit net le goût de fréquenter ce genre de divertissements.
Malgré ces conflits de travail mon père termina sont contrat de démolition dans le temps qui lui était alloué. Un partie de ces matériaux furent expédiée à Alma, lesquels furent utilisée à construire Alma Automobiles Inc. Dont la structure existe encore sur la route Saint-Bruno à Alma au Lac-Saint-Jean. Lequel garage vendait environ deux cents autos neuves de marque Chevrolet de General Motors.Il en fut l’unique propriétaire pendant quatre ans. Une détérioration de sa santé l’obligea de s’en défaire.
1] Un de mes rêves récurrents était de devenir matelot. J’ai été tout près de partir sur un bâteau à partir d’un port de la Nouvelles-Orléans dans la vingtaine. La peur de l’inconnu me fit changer d’idée et je n’ai jamais plus fait des démarches en ce sens.